STOP AUX CYBER-VIOLENCES : L'ALERTE LANCÉE À CONAKRY POUR 16 JOURS D'ACTIVISME
La lutte contre les violences faites aux femmes est une responsabilité collective : État, société et jeunesse unis, surtout contre les violences numériques.
Coup d’envoi officiel ce mercredi 03 décembre 2025 des 16 jours d’activisme contre toutes les formes de violences faites aux femmes. Au cœur de l'université Gamal Abdel Nasser, creuset du savoir, l'événement a transcendé le cadre académique pour réunir l'État, la société civile, les partenaires internationaux, et surtout, une jeunesse mobilisée..
Placée sous l’insigne du renforcement de la lutte contre les violences numériques, les 16 jours d’activité de cette année en Guinée, interviennent dans un contexte où plusieurs acteurs appellent les parties prenantes à aller au-delà des discours.
Exhortant les étudiants de l’université présents à la cérémonie, la représentante de l’UNICEF en sa qualité de coordinatrice par intérim du Système des Nations Unies en Guinée, a appelé à l’unité de la communauté universitaire « pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles ». Elle ne voyait pas dans la cérémonie une simple rencontre, mais plutôt « une démonstration de détermination collective face à des violences souvent invisibles mais aux conséquences bien réelles : traumatismes, isolement, abandon scolaire. »
Au nom du Système des Nations Unies, elle a rendu hommage aux victimes dont les noms résonnent dans le silence, et à toutes celles qui, aujourd'hui encore, luttent loin des regards..
Un hommage renforcé par la Ministre de la Promotion Féminine, de l’Enfance et des Personnes Vulnérables qui a invité les participants à la cérémonie à observer une minute de silence à la mémoire des victimes de féminicides et d’autres formes de violence.
Elle a appelé à se mobiliser pour que « la technologie devienne une force au service de l’égalité et non une source de préjudice ». Elle a rappelé que la nouvelle Constitution consacre l’égalité entre les femmes et les hommes, mais que malgré les engagements internationaux de la Guinée, les violences physiques, psychologiques, économiques, sexuelles et désormais numériques persistent.
Selon elle, la lutte contre les violences faites aux femmes est une responsabilité collective, impliquant l’État, les familles, les leaders communautaires, les médias, le secteur privé, les hommes, les femmes et surtout la jeunesse.
La cérémonie s’est achevée par un panel sur les mécanismes d’orientation des victimes, la prise en charge médicale, et les outils de signalement des cas de harcèlement en ligne et de cybercriminalité.
Une étude psychologique menée auprès d’auteurs présumés de violences sexuelles dans plusieurs unités de police et de gendarmerie a révélé que 50% des auteurs de violences sexuelles ont toutes leurs capacités mentales intactes.
Le panel a permis aussi de rappeler l’urgence de l’application de la loi dans le cadre la gestion des cas de viol. En l’une des failles de la chaîne pénale est que 90 % des auteurs d’agressions sexuelles sont libérés, et que moins de 10 % finissent devant la cour d’assise.
De son côté, le représentant de l’ANSSI au panel a rappelé que les violences numériques ne sont qu’une transposition des violences quotidiennes subies par les femmes. Intimidations, menaces, diffusions malveillantes de contenus : les formes sont multiples et en constante évolution.
Il a révélé que près de 300 plaintes liées à des cas de sextorsion ont été enregistrées en 2024, dont 80 % concernent des femmes. Ces situations peuvent pousser certaines victimes au suicide en l’absence de soutien psychologique, a-t-il averti, précisant que les auteurs se trouvent parfois hors du pays ou sont d’anciens conjoints.
L’UNFPA a marqué sa présence grâce à une forte mobilisation des Volontaires des Nations Unies (VNU), qui mèneront diverses actions dans l’ensemble des régions du pays pour promouvoir les droits des femmes, encourager une masculinité positive et sensibiliser à l’élimination de toutes les formes de violences faites aux filles et aux femmes.