Grâce au soutien du Fonds Muskoka, l’UNICEF donne vie à la Méthode Kangourou en Guinée.
À Conakry, l’unité de soins mère kangourou de l’Institut de Nutrition et de Santé de l’Enfant (INSE) sauve la vie des nouveau-nés de faible poids de naissance et redonne espoir aux jeunes mamans. Ces unités accompagnent pendant plusieurs jours, voire semaines, les nouveau-nés fragilisés par une très grande prématurité ou de très petits poids de naissance, ainsi que leurs mamans.
La méthode simple de contact peau à peau, au cœur de cette approche, permet d’accélérer la récupération des bébés tout en renforçant les liens et la confiance des mères.
Mafoulé Kaba tient contre elle son premier enfant, né prématurément à 33 semaines et ne pesant que 700 grammes à la naissance. Les premiers jours ont été une épreuve, mais aujourd’hui, le soulagement est palpable. « En seulement une semaine, il a déjà pris 180 grammes », confie la jeune mère.
Légende: Mafoulé Kaba tient contre elle son premier enfant né prématurément à 33 semaines/
Cette méthode, bien plus qu’une simple technique, permet aux mères de pratiquer le contact peau à peau avec leurs bébés : une approche simple, naturelle et efficace qui régule la température du nouveau-né, favorise l’allaitement maternel, renforce le lien affectif mère-enfant et améliore considérablement les chances de survie des bébés prématurés ou de faible poids.
Depuis l’ouverture des 10 unités de Soins Materno-Kangourou, plus de 2 000 nouveau-nés prématurés ont pu être pris en charge. La nette amélioration des taux de survie des prématurés de faible poids, la satisfaction des mères et la qualité des soins néonataux démontrent la pertinence de cette méthode.
« Je reçois un bon soutien ici. L’infirmière m’aide à tirer mon lait, qui est ensuite donné au bébé par sonde d’alimentation », explique Mafoulé Kaba. « Les soins peau à peau sont très réconfortants, et je peux même voir que mon bébé y réagit. Cela me rassure vraiment », ajoute-t-elle.
L’accompagnement particulier, bienveillant et attentif du personnel de santé contribue directement au succès de la méthode. À 43 ans, Marie Madeleine Tolno, infirmière néonatale, incarne à elle seule la force et la résilience de ces unités. Depuis 14 ans, elle se consacre avec passion aux nouveau-nés prématurés, un engagement qui trouve ses racines dans sa propre histoire.
Légende: Marie Madeleine Tolno, infirmière néonatale accompagne les jeunes mères
Sa vocation s’est renforcée il y a huit ans, lorsque sa propre fille est née prématurément. « Grâce à mon expérience, je n’étais pas inquiète. Nous sommes tous en bonne santé aujourd’hui », confie-t-elle avec un sourire serein. « Je pense que le fait d’avoir moi-même été un bébé prématuré m’a inspirée à choisir ce métier », ajoute-t-elle, fière de pouvoir à son tour offrir aux autres ce dont elle a bénéficié.
L’unité accueille également Aissatou Sacko, âgée de 30 ans. « Les premières heures après mon accouchement ont été dominées par l’angoisse. J’étais très inquiète et à cause du stress, je ne produisais pas de lait maternel. », raconte-t-elle. Grâce au soutien trouvé au sein de l’unité, elle a pu retrouver la sérénité nécessaire et apaiser ses peurs. « Maintenant que je me sens plus à l’aise, les infirmières prennent bien soin de nous, mon lait commence à monter », explique Aissatou. En attendant, son bébé est nourri avec du lait maternisé – une solution rendue possible grâce aux ressources fournies par les partenaires de l’hôpital.
Avec l’engagement de professionnels formés et équipés dans le cadre des programmes soutenus par le Fonds Muskoka, et en partenariat avec l’UNICEF, l’UNFPA, l’OMS, ONU Femmes et le gouvernement guinéen, la méthode mère kangourou s’impose aujourd’hui comme une solution essentielle pour la survie et le bien-être des nouveau-nés.
Ce partenariat contribue à faire de la fragilité des débuts de vie une véritable force pour l’avenir.