Histoire
17 septembre 2026
VIH en Guinée : le Gouvernement et les Nations Unies s'engagent à rendre les acquis irréversibles
Alors que les financements internationaux diminuent, la riposte nationale au VIH entre dans une phase décisive. Le 16 septembre 2026 à Conakry, la 12ᵉ Assemblée générale du Comité national de lutte contre les IST/sida (CNLS) a réuni le Gouvernement guinéen, le Système des Nations Unies et l'ensemble des acteurs de la riposte autour d'une ambition commune : mettre fin au sida comme menace de santé publique d'ici 2030.Une riposte à l'épreuve d'un monde qui change Pendant deux décennies, la lutte contre le VIH en Guinée s'est largement appuyée sur des financements extérieurs. Ce modèle atteint aujourd'hui ses limites. La raréfaction des ressources internationales, les crises climatiques et les tensions géopolitiques obligent les pays à repenser leur modèle de riposte, alors que les besoins restent importants.Pour les personnes vivant avec le VIH, l'enjeu est concret. Une interruption de financement peut entraîner une rupture de médicaments, un dépistage manqué ou un traitement abandonné. La question n'est donc plus seulement de poursuivre les progrès, mais de les protéger durablement.C'est dans ce contexte que s'est tenue, à l'Hôtel Noom, la 12ᵉ Assemblée générale ordinaire du CNLS. Les travaux ont été ouverts par Madame Khaité Sall, Ministre de la Santé et de l'Hygiène publique et première Vice-Présidente du CNLS, représentant Son Excellence Monsieur Amadou Oury Bah, Premier ministre, Chef du Gouvernement et Président du CNLS.Rendre compte pour mieux agirCréé en 2002, le CNLS est l'organe unique de coordination de l'ensemble des interventions contre le VIH en Guinée. Il rassemble les institutions républicaines, les départements ministériels, le secteur privé, les organisations non gouvernementales, les confessions religieuses et les organisations de personnes vivant avec le VIH.Son Assemblée générale annuelle repose sur un principe de redevabilité. Le discours du Premier ministre, lu par la Ministre de la Santé et de l'Hygiène publique, l'a rappelé à l'ouverture des travaux : cette rencontre constitue « le moment de vérité », où l'État, les partenaires et les populations sont informés de l'évolution de l'épidémie comme de la gestion des ressources.Les participants ont examiné le rapport annuel de la riposte 2025, le Plan d'action opérationnel budgétisé 2026, le rapport financier 2025 du Secrétariat exécutif et l'état de mise en œuvre du septième cycle de financement (GC7). Le nouveau Cadre stratégique national intégré VIH/Tuberculose/Hépatites 2027-2031 leur a également été présenté. Il marque une évolution vers une approche plus intégrée de la santé publique.Des progrès réels, un chemin encore exigeantLa situation de l'épidémie en Guinée est aujourd'hui qualifiée de stable. Selon le Système des Nations Unies, les nouvelles infections ont été réduites de moitié en une décennie, et plus de cent mille personnes ont désormais accès à un traitement antirétroviral. Le dépistage chez les femmes enceintes a également fortement progressé.Derrière ces chiffres, il y a des vies préservées, des familles protégées et des enfants qui naissent sans le virus. Ces résultats reposent sur un partenariat entre l'État, les professionnels de santé, les organisations communautaires, les partenaires techniques et financiers et les personnes vivant avec le VIH elles-mêmes.D'importants défis demeurent pourtant. La stigmatisation et la discrimination restent présentes. Le suivi biologique et les conditions de vie des personnes vivant avec le VIH doivent encore s'améliorer. La mobilisation des ressources internes et externes reste, selon le Gouvernement, la condition première pour atteindre l'objectif de 2030.Trois priorités pour une riposte durableS'exprimant au nom du Système des Nations Unies, le Coordonnateur résident par intérim a salué le leadership du Gouvernement. Il a souligné que la lutte contre le VIH relève à la fois de la santé publique, du développement, de l'équité et de la dignité humaine. Il a proposé trois priorités pour accompagner cette transition.La première consiste à protéger durablement l'accès aux médicaments et aux services essentiels, en renforçant progressivement la part du financement national consacrée aux produits de lutte contre le VIH. La deuxième appelle à investir davantage dans les communautés. Les organisations communautaires atteignent souvent en premier les populations les plus vulnérables et jouent un rôle déterminant dans la prévention, le dépistage, l'accompagnement et la lutte contre la stigmatisation. La troisième vise à intégrer pleinement la riposte au VIH dans le renforcement du système de santé : soins de santé primaires, santé maternelle, tuberculose, santé mentale et couverture sanitaire universelle. Cette intégration permettra aussi à la Guinée de tirer parti des innovations médicales et des nouvelles options de prévention.Une responsabilité partagée Le Gouvernement guinéen a réaffirmé sa détermination à prendre sa part. Il s'engage à renforcer le budget de la riposte, à accompagner la mise en œuvre des recommandations et à veiller à l'application des résolutions de l'Assemblée. En retour, il attend de tous les acteurs transparence dans la gestion, rigueur dans l'exécution et unité dans l'action.Le Système des Nations Unies reste pleinement mobilisé aux côtés du Gouvernement, du CNLS, des communautés et de l'ensemble des partenaires. Il met à disposition son expertise technique, sa capacité de plaidoyer et son rôle de coordination.L'objectif de 2030 reste atteignable. Il exigera toutefois un leadership politique constant, des investissements durables et des partenariats solides. Comme l'a rappelé le Coordonnateur résident par intérim, ce ne sont pas les engagements qui seront jugés, mais la capacité collective à les traduire en résultats pour les femmes, les hommes, les jeunes et les enfants. En agissant ensemble, la Guinée peut préserver ses acquis et devenir un exemple de transition réussie vers une riposte nationale durable et résiliente.