Histoire
28 janvier 2026
ENTRE PROGRÈS ÉCONOMIQUES ET URGENCES SOCIALES, LA GUINÉE VALIDE SON RAPPORT D’EXAMEN À MI-PARCOURS DU PROGRAMME D’ACTION DE DOHA
Conakry, 28 janvier 2026 - La Guinée a franchi une étape majeure dans son parcours de développement en validant politiquement son rapport national d’examen à mi-parcours du Programme d’action de Doha (2022–2031) en faveur des Pays les Moins Avancés (PMA). Réunis à Conakry, autorités nationales, partenaires techniques et financiers, secteur privé, société civile et agences des Nations Unies ont réaffirmé une ambition commune : placer le pays sur une trajectoire crédible de sortie de la catégorie des PMA d’ici la fin de la décennie. Un outil stratégique pour ajuster les prioritésLoin d’un simple exercice de suivi, cet examen est présenté comme une boussole pour l’action publique. Il dresse un état des lieux lucide des progrès réalisés depuis 2022 et met en évidence les ajustements nécessaires pour accélérer la transformation structurelle et sociale du pays. Cette validation politique intervient au terme d’un long processus de travaux techniques et de consultations multisectorielles. L’élaboration du rapport, qui a mobilisé de nombreux ministères, institutions techniques et acteurs non étatiques, a été saluée pour son approche participative et son ancrage dans des données probantes. Sur le plan macroéconomique, la Guinée affiche une croissance soutenue, largement portée par le secteur minier. Si cette dynamique renforce la résilience économique et les perspectives de revenu, elle reste peu créatrice d’emplois et insuffisamment connectée au reste de l’économie. La diversification productive progresse lentement, et la structure des exportations demeure fortement concentrée sur les ressources extractives. Les investissements dans les infrastructures, notamment énergétiques, ont permis d’améliorer nettement l’accès à l’électricité en milieu urbain. Toutefois, les écarts avec les zones rurales restent marqués, limitant le potentiel de développement local et la compétitivité des petites entreprises.Des défis sociaux qui freinent la transitionLe rapport souligne surtout un décalage persistant entre performance économique et développement humain. Les indicateurs sociaux restent préoccupants :Les taux d’achèvement scolaire stagnent, voire reculent au primaire, avec de fortes disparités entre zones urbaines et rurales.L’insécurité alimentaire s’est aggravée ces dernières années, touchant plus d’un tiers des ménages au niveau national.La mortalité des enfants de moins de cinq ans diminue, mais demeure nettement plus élevée en milieu rural et chez les ménages les plus pauvres.La protection sociale formelle couvre une part très limitée de la population, laissant de nombreux ménages vulnérables aux chocs économiques et climatiques. Ces fragilités pèsent directement sur le capital humain, un critère déterminant pour la sortie de la catégorie des PMA.Un tournant décisif pour la sortie des PMAPrenant la parole lors de l’atelier, le Coordonnateur résident par intérim des Nations Unies, Dr Jean Marie KIPELA, a estimé que l’objectif de reclassement était désormais " à portée de main, à condition d’accélérer les investissements dans la santé, l’éducation, la nutrition et la protection sociale ". Il a appelé à transformer les engagements en résultats concrets pour les populations, en renforçant la coordination des politiques publiques et l’efficacité des dépenses sociales. Il a mis cette rencontre à profit pour saluer la synergie d’actions des agences, fonds et programmes des Nations Unies en appui au Gouvernement guinéen. Le gouvernement guinéen, par la voix du Secrétaire Général du Ministère du Plan, de la Coopération Internationale et du Développement, M. Kabèlè Soumah, a pour sa part, insisté sur la nécessité de traduire rapidement les recommandations du rapport en plans d’actions sectoriels assortis de budgets précis et de mécanismes de suivi. " L’enjeu est de faire de la croissance un véritable moteur d’emplois décents, de réduction des inégalités territoriales et de résilience face aux chocs" a -t-il affirmé. Perspectives : accélérer la transformation d’ici 2031La seconde moitié de la mise en œuvre du Programme d’action de Doha apparaît comme une fenêtre d’opportunité décisive pour la Guinée ; et plusieurs priorités se dégagent:Investir massivement dans le capital humain, en particulier dans les zones rurales et auprès des groupes les plus vulnérables ;Renforcer la protection sociale pour amortir les chocs et soutenir l’accès des ménages pauvres aux services essentiels ;Diversifier l’économie en reliant davantage les secteurs porteurs, notamment miniers, aux chaînes de valeur locales ;Réduire les fractures territoriales et numériques, afin que la transformation économique et technologique bénéficie à l’ensemble de la population ;Améliorer la coordination et le suivi des politiques publiques pour garantir une mise en œuvre plus efficace des engagements nationaux et internationaux. Si ces leviers sont actionnés de manière cohérente et soutenue, la Guinée pourrait non seulement satisfaire aux critères de sortie des PMA lors des prochains examens internationaux, mais aussi poser les bases d’un développement plus inclusif, résilient et durable au-delà de 2031. Une telle trajectoire ferait du pays un exemple de transition réussie, capable d’inspirer d’autres Pays les Moins Avancés engagés sur le chemin du reclassement et de démontrer qu’avec des politiques ciblées, une forte volonté nationale et des partenariats solides, la transformation structurelle peut devenir une réalité.