À SIGUIRI, LE RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DES FORCES DE SÉCURITÉ SE TRADUIT PAR DES ACTIONS CONCRÈTES CONTRE LA TRAITE DES PERSONNES
Une formation soutenue par le Royaume des Pays-Bas a renforcé la réponse opérationnelle face à la traite des personnes, avec des résultats immédiats.
Siguiri, Guinée – octobre 2025 : Dans un contexte marqué par une forte mobilité transfrontalière et une activité minière intense, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants constituent des défis majeurs pour la sécurité, la protection des populations et l’État de droit. Afin de renforcer la réponse nationale à ces phénomènes, un atelier de formation s’est tenu à Siguiri du 6 au 9 octobre 2025 à l’intention des agents de l’Office de Protection du Genre, de l’Enfance et des Mœurs (OPROGEM) et des policiers du Commissariat Central de Siguiri.
Financée par le Royaume des Pays-Bas et mise en œuvre avec l’appui technique de l’ONUDC, cette activité de renforcement des capacités a réuni 39 agents des forces de sécurité, dont 24 policiers du Commissariat Central de Siguiri et 15 agents de l’OPROGEM, parmi lesquels 5 femmes. La formation a également bénéficié d’une couverture médiatique nationale à travers un reportage diffusé au journal télévisé.
Un contexte local à risques élevés
La préfecture de Siguiri, en raison de sa proximité avec le Mali et de son attractivité économique liée à l’exploitation aurifère, est particulièrement exposée aux activités de réseaux criminels organisés. Les sites miniers constituent des environnements à haut risque, où les femmes et autres groupes vulnérables sont fréquemment exposés à des formes graves d’exploitation.
Quelques mois avant l’atelier, une victime de traite ayant réussi à s’échapper de Siguiri avait été identifiée et prise en charge au centre de transit de l’OPROGEM à Conakry. Les informations recueillies lors de son audition ont mis en évidence des pratiques systématiques d’exploitation dans les zones minières et ont conduit la Direction de l’OPROGEM à solliciter l’appui de l’ONUDC pour organiser une formation conjointe destinée aux forces de sécurité locales.
Une formation fondée sur les normes internationales et les droits humains
L’atelier a combiné des sessions théoriques et des exercices pratiques, conformément aux normes internationales et aux bonnes pratiques promues par l’ONUDC. Les modules ont porté sur le cadre juridique et institutionnel de la lutte contre la traite des personnes et le trafic illicite de migrants en Guinée, les mécanismes de contrôle et de coercition utilisés par les trafiquants, ainsi que le mécanisme national de référencement des victimes.
La formation a également mis l’accent sur l’approche fondée sur les droits humains, les principes de protection et de prise en charge des victimes, les techniques d’audition sensibles au genre et aux traumatismes, la rédaction des procès-verbaux en matière de traite, la transmission des dossiers au parquet compétent, ainsi que l’importance des enquêtes financières parallèles en vue de la saisie des produits du crime.
Les participants ont souligné la pertinence de la formation. « Les activités étaient pertinentes et instructives ; elles ont renforcé nos capacités opérationnelles », a déclaré le Commandant Kourouma. Le Commandant Kalil Traoré a, pour sa part, insisté sur la dimension préventive : « Cette formation nous permettra également de sensibiliser les communautés, de favoriser le signalement des abus et de soutenir la réintégration des survivants. »
Des résultats opérationnels immédiats
L’impact de la formation s’est matérialisé dès sa clôture. À l’issue de la remise des certificats, le Commissaire de la Police de Siguiri a déployé plusieurs agents récemment formés sur des sites miniers, en coordination avec l’OPROGEM. Cette opération conjointe a permis l’identification et le secours de 16 femmes victimes de traite, de nationalités guinéenne, sierra-léonaise, nigérienne et nigériane, ainsi que l’interpellation de deux auteurs présumés, déférés devant le parquet compétent.
Renforcer les capacités pour renforcer la protection
À Siguiri, cette initiative illustre l’importance du renforcement ciblé des capacités des forces de sécurité dans la lutte contre la traite des personnes. En intégrant les droits humains, la protection des victimes et la coopération interinstitutionnelle au cœur de l’action, la formation a permis de transformer les acquis en résultats opérationnels concrets, contribuant ainsi à la protection des personnes vulnérables et au renforcement de l’État de droit.